Du 2 au 4 mars 2012, à Annecy et Brison Saint-Innocent, les Fondus de Tango ont accueilli Melina Sedo et Detlef Engel pour diriger des ateliers consacrés non seulement à la technique de la danse (tango et valse), mais aussi à l'écoute de la musique.

Une conférence destinée aux DJ (et à tous ceux qui s'intéressent à la musique) présentait les principales recommandations de Melina concernant la musicalisation de nos soirées. Retenons d'abord l'importance considérable de la musique dans la réussite d'une milonga (et par conséquent l'importance de bons DJ dans la vie d'une association) : une musique inadaptée (trop difficile à danser) ruine l'ambiance. Il faut donc que le DJ choisisse ses morceaux en fonction de leur "dansabilité" : ce sont surtout les tangos des années de l'âge d'or du tango (années 40, 50) qui conviennent aux compétences courantes des danseurs. Il faut construire la milonga de manière à alterner les styles (rythmique, lyrique, romantique). De plus, Melina, assurant la musicalisation de la milonga du samedi soir, nous a fait faire l'expérience de l'importance de la durée des "cortinas" : des cortinas suffisamment longues (jusqu'à 60 secondes), et non dansables, calment les danseurs et les rendent plus attentifs au code du bal ( la piste se vide complètement à la fin de chaque tanda -on a le temps de raccompagner sa danseuse à sa place avant de penser à la prochaine invitation en pratiquant le cabeceo).

Autre nouveauté dans ce stage : un atelier consacré au thème suivant : "danser Di Sarli". Impossible de danser un tango très rythmé de la première période de l'oeuvre de Di Sarli (influencée par Fresedo) comme on danse "Nueve Puntos". Il faut adapter sa gestuelle, la longueur de ses pas, ses figures ou absence de figures à la musique. Melina et Detlef suggèrent que l'on apprenne à connaître assez bien la musique que l'on danse pour accompagner les syncopes et autres variations rythmiques. Tout cela -qui n'est, hélas, pas pratiqué par tous, loin s'en faut- semble de bon sens.

Reste à trouver la formule d'enseignement qui permette vraiment à chacun de se donner des outils pour appliquer ces principes, le plus intéressant dans ce genre d'atelier étant non pas les discours trop généraux mais les moments où des exemples -musicaux et dansés- sont proposés. On en vient presque à se dire qu'un exercice chorégraphié sur un tango précis pourrait aider les stagiaires à sentir dans leur corps le plaisir de l'accord avec la musique. Bien sûr, le tango est une danse d'improvisation ; et l'apprentissage d'un moment chorégraphié n'aurait pas pour but qu'il soit ensuite exécuté chaque fois que le tango étudié serait entendu ; mais il aurait pour but de faire écouter une musique dans le détail de ses variations et de faire comprendre comment tirer meilleur parti du bagage de chacun pour l'accompagner.  Ou plus simplement, ce pourrait être un exercice où l'on propose aux stagiaires de danser suffisamment longtemps le même tango pour qu'ils puissent faire l'expérience d'une plus grande familiarité, d'une meillleure improvisation, et que le plaisir éprouvé les incite à chercher le plus possible à écouter variations rythmiques et mélodies .