Pour les amoureux du tango qui se préoccupent aussi de l'avenir de notre société, je donne le lien pour écouter Jacques Généreux, économiste, professeur à Sciences Po :

http://www.placeaupeuple2012.fr/entretien-avec-jacques-genereux

14 vidéos, c'est un peu long à écouter ; mais chacune est très courte ; toutes sont parfaitement claires et l'enjeu est si important qu'il faut faire un effort pour comprendre que le danger le plus redoutable aujourd'hui est le repli nationaliste dans une Europe menacée d'éclatement.

Jacques Généreux explique de manière lumineuse que la crise est une aubaine pour les partisans du néolibéralisme (dont un tiers sont des cyniques, un tiers des idéologues convaincus, un tiers des reproducteurs mécaniques de ce qu'on leur a appris). La crise est une aubaine parce qu'il était très difficile (les tenants du libéralisme s'y essaient  depuis trente ans) de faire changer l'Europe de mode de penser en matière de politique et de société. Détruire le modèle de l'Etat providence, le choix de la  solidarité (santé, retraites, indemnités aux chômeurs), c'est plus facile dans un contexte de crise qui fait peur. Les idéologues instrumentalisent la crise, exploitent la peur qu'elle engendre,  et cherchent à convaincre chacun de ce qu'il n'y a pas d'autre choix que l'austérité en matière de dépenses publiques. Or détruire le système de solidarité ne permettra pas de sortir de la situation de dette, et provoquera tant de souffrances sociales que le risque sera toujours plus grand de se réfugier illusoirement dans la désignation de boucs émissaires, la haine des étrangers, le repli sur soi.