Les  stages organisés par   les "Fondus de tango" à Annecy :

 Gisela Passi et Rodrigo Rufino sont revenus à Annecy le dimanche 10 avril 2011 à la MJC des Romains.

Précédemment, les 22 et 23 janvier 2011

au collège de Beauregard à Cran-Gevrier ils ont proposé quatre ateliers, chacun de 2 heures et demie, sur les fondamentaux : abrazo, posture, variations sur l'ocho cortado (soit sur le rythme de la milonga, soit sur le rythme de la valse), musicalité (danser sur la phrase musicale, la demi-phrase), travail lent sur le croisé de la femme et l'ocho avant .

Comme avec tous les bons professeurs d'aujourd'hui, il s'est agi de lutter contre les mouvements mécaniques, les suites de pas qui font du remplissage au lieu de témoigner de l'écoute de  la musique : en somme Gisela et Rodrigo  ont pratiqué la déconstruction (concept célèbre en philosophie contemporaine)  qui signifie ici que la destruction des clichés, des enchaînements tout prêts, la lutte contre la répétition automatique, est en même temps construction. En l'occurrence, si l'on accepte de remettre en cause les habitudes pourtant difficilement, chèrement,  acquises, on gagne de la liberté, le plaisir de bouger avec la musique, au lieu de la traiter comme un accompagnement -nous n'osons pas dire un "bruit"- de fond.

Comme tous les professeurs qui viennent nous aider à progresser, ils ont rappelé les règles de la milonga (danser dans des cercles concentriques, sans dépasser, sans faire irruption dans le couloir du voisin : le plus important quand on commence à danser, outre le choix de la partenaire et de la musique, est le choix du couple derrière lequel on va devoir rester pendant toute la tanda!

Gisela et Rodrigo nous ont enchantés par leur précision pédagogique (qu'ils ont mise eux-mêmes au point car ils n'ont pas eu dans leurs années d'apprentissage d'enseignement de ce type ; ils l'ont inventé pour les élèves européens), par la beauté de leur danse, par leur gentillesse, leur gaieté. Bref, ce fut un stage magnifique.


Gisela et Rodrigo en 2007


 

 

  Pourquoi faut-il faire des stages quand on apprend le tango et cela même si l'on commence à se débrouiller dans le bal?  Parce que le tango est une danse très difficile, merveilleusement agréable quand on danse bien et plutôt pénible quand ça se passe moins bien. Les professeurs nous rappellent qu'il faut avoir le souci constant de la qualité de l'abrazo, le respect de son partenaire, qu'il s'agisse de l'homme ou de la femme : ni l'un ni l'autre ne doit gêner la personne avec laquelle il danse. Comme il s'agit d'une danse de contact permanent, toute maladresse de l'un est ressentie par l'autre (perte d'équilibre, crispation d'une partie du corps etc... ). Il faut donc acquérir la technique qui permet d'effectuer la marche et ses multiples variations en restant à tout instant comme un seul corps, les bustes des deux partenaires changeant de direction ensemble et les jambes s'animant sans que l'autre en soit dérangé. Cela exige un très bon enseignement ; sinon le risque est de singer le tango, d'être inconfortable et très vilain à regarder.

L'apprentissage de cette danse est long  ; on ne peut pas choisir de danser le tango pour se défouler, pour dépenser de l'énergie de manière désordonnée ; ni même pour exprimer des émotions ; il faut au contraire dominer ses émotions, rester calme quand la musique vous submerge, acquérir la maîtrise de ses positions et mouvements, accepter par conséquent de constamment corriger ce que l'on fait. Nous avons ainsi besoin de professeurs de haut niveau qui ont construit un savoir très précis de ce qu'il faut chercher, qui ont des solutions pour y parvenir.

  Ces professeurs ont de plus l'autorité légitime pour nous rappeler le code de la milonga , c'est-à-dire le respect des autres couples : si le contact avec le partenaire est constant, dans le bal en revanche il s'agit de ne toucher personne autour de soi!



 

Les 6 et 7 novembre 2010,  stage intéressant avec Sandra Messina et Ricardo Calvo. Milonga avec démonstration  le samedi soir,  à la MJC des Romains . Ricardo et Sandra présentent leur enseignement dans une perspective historique, expliquant les différents styles en fonction des contraintes (par exemple, le manque de place, au moment où le tango retrouve un public fervent et nombreux dans les années 80, engendre le style dit "del centro", très économique en occupation d'espace, avec son code propre, différent du tango de salon) ; la danse appelée "milonga" a une histoire : milonga tras pié proche du candombe, milonga lisa (non sans rapport avec le paso doble) inventée ultérieurement en fonction de musiques nouvelles très rapides, trop rapides pour qu'un non professionnel puisse danser le tras pié). 

 


 

 



 Les 18 et 19 septembre 2010, à la MJC des Romains à Annecy, a été organisé un stage  avec deux beaux jeunes danseurs uruguayens, Silvana Irigaray et Adrian Larosa. Le samedi soir, une magnifique milonga a eu lieu dans la grande salle de la MJC des Carrés ; Silvana et Adrian y ont fait une démonstration de  milonga, tango, valse et surtout de candombe, en expliquant que cette danse des esclaves africains est à l'origine de la milonga puis du tango, rappelant au passage que l'Argentine, au milieu du 19 ème siècle, a décimé ces esclaves noirs (qui sont les sources du patrimoine dont l'Argentine profite largement aujourd'hui) en les sacrifiant à la guerre  contre le Paraguay (à l'époque riche mais fermé au libre échange), tandis que la population noire demeure un peu plus présente en Uruguay.

 

 

 

 

 

 

 

Erna et Santiago Giachello sont venus plusieurs années nous aider à progresser :

Erna et Santiago en 2007

 


Erna & Santiago Giachello
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