Quand on apprend à danser le tango, on ne peut se contenter d'apprendre des pas. Un jour ou l'autre on a besoin de réfléchir sur ce que l'on fait. C'est une danse qui sollicite la pensée. Les personnes qui ont choisi de faire cet apprentissage ont besoin d'en parler entre elles.  Elles ont même tendance à avoir constamment envie de parler de tango, ce qui n'est pas du goût évidemment de leurs proches qui ne partagent pas cette passion. "Cada loco con su tema" dit  le proverbe espagnol (A chaque fou son obsession). Ce blog voudrait être une occasion de plus pour ces "locos"  d'entendre parler et de parler eux-mêmes de tango.

  Par ailleurs, la pratique du tango confronte à une grande culture, riche et métissée comme l'est toute culture populaire ; le tango, la valse et la milonga sont tantôt musique jouée par les seuls instruments, tantôt aussi chantés. Bien connaître non seulement la musique mais aussi les paroles des tangos chantés aide à mieux danser. Or, la plupart du temps, les traducteurs traduisent le sens lexical des  paroles (ce qui n'est pas rien car les auteurs de tangos utilisent  parfois l'argot de Buenos Aires, le lunfardo), mais ne vont pas au bout de leur tâche : ils ne proposent pas au lecteur des textes en français qui soient des équivalents des textes espagnols. "Equivalent" implique qu'il y ait en français des  rimes ou au moins des assonances au bout des vers mais aussi à l'intérieur, et une métrique comme en espagnol. Et c'est là que l'opération de traduction devient difficile et suppose d'autres qualités que la connaissance du lexique : une sensibilité au rythme du texte. Le parti-pris de Jacques Ancet , qui a beaucoup traduit la poésie espagnole et sud-américaine, qui est lui-même poète, est de privilégier  toujours le rythme du texte.  Les tangos ne sont pas de grands poèmes ; ce sont des chansons populaires dont beaucoup manient allègrement les clichés ; mais ce n'étaient pas des clichés pour ceux qui les ont écrits, ni pour ceux qui les ont chantés pour dire leurs peines de toute leur âme, et certains sont de très belles chansons qui méritent qu'on s'efforce de les faire vraiment entendre en français, l'idéal étant que le texte français puisse être chanté sur la musique originale (le propre de la chanson par rapport au poème est l'inséparabilité des paroles et de la musique, l'inséparabilité aussi de la chanson et de son interprète ).

     Ainsi, on trouvera dans ce blog des réflexions sur l'apprentissage de la danse qui donnent le point de vue non pas de celui qui enseigne mais de celui (celle) qui apprend, et des traductions de chansons, choisies parce qu'elles sont ou bien particulièrement belles ou bien particulièrement connues. Traductions et réflexions sont  proposées par Jacques et Lucienne Ancet, autrefois professeurs, l'un d'espagnol, l'autre de philosophie, tous deux amoureux de cette belle musique et belle danse.

       Vous y trouverez également des renseignements sur les activités associatives autour du tango auxquelles ils participent à Annecy.



    Et  pourquoi ce nom, El Compadrito?

     Le compadrito — le petit dur, la petite gouape —  est un personnage emblématique de l’univers du tango. (On en trouvera un portrait chanté avec la traduction de "El porteñito"). Virtuose du couteau et de la danse, souteneur à ses heures, le compadrito est, d’une certaine manière, l’un des inventeurs de cette danse de bordels promis à un avenir aussi brillant qu'inattendu. A tout Seigneur, donc, tout honneur avec le nom de ce blog.


    Nous proposons également  un site nommé "La Caminata" ; le rôle spécifique du blog est d'informer de la publication de nouveaux textes ; le blog est facile à trouver sur internet, et il donne le moyen de parvenir au site.  La présentation du site, plus architecturée,  permet une consultation plus aisée de l'ensemble des articles et traductions.