Traduction des paroles de Enrique Cadícamo.

(Voir l'espagnol sur le site "la caminata ")




Nieblas del Riachuelo (1937)


Glauque mouillage au fond duquel vont s’échouer,

des bateaux qui au bord vont toujours demeurer…

ombres qui s’étirent dans la nuit de douleur…

naufragés du monde qui ont perdu leur cœur…

ponts avec leurs cordages où le vent vient hurler…

bateaux et leur charbon restés toujours à quai

cimetière inquiétant de bateaux moribonds

qui rêvent à la mer vers où ils partiront…

*

Riachuelo et ton brouillard !...

amarré là, dans la mémoire

et moi toujours moi qui attends…

Riachuelo et ton brouillard

de cet amour à tout jamais,

tu m’éloignes tout doucement… !

Jamais ne l’ont revue mes yeux…

Jamais elle n’est revenue

sa voix ne prononcera mon nom jamais plus

cette voix qui m’a dit « Adieu ! »

*

Rêve, toi le marin, à ton vieux brigantin,

et bois ta nostalgie au sourd troquet du coin…

La pluie mouille le port, pendant que ma chanson

s’égoutte lentement sur ta désolation…

Ancres que jamais plus, jamais, on va lever…

Coques de chaloupes sans amarres à larguer…

sans futur ni espoir, oh triste défilé,

comme dans sa bouteille un bateau prisonnier…

———

Paroles : Enrique Cadícamo. Musique : Cobían.

trad. Jacques Ancet


voir le texte espagnol sur le site "la caminata" et y écouter l'interprétation d'Edmundo Ribero.